Driveclub sur PC : des fans ressuscitent un trésor oublié de la PS4
Plus d'une décennie après ses débuts sur PS4 et son abandon par Sony, Driveclub a été recompilé nativement pour PC par des fans, défiant l'exclusivité console et posant un nouveau jalon pour la préservation du jeu vidéo.
Photo : PlayStation / sala de prensa (uso editorial)
Un jeu peut-il réellement être exclusif si son incarnation la plus impressionnante s'épanouit sur une autre plateforme, des années après son abandon officiel ? C'est la question audacieuse posée par la récente recompilation communautaire de Driveclub pour PC, un effort qui non seulement insuffle une nouvelle vie au jeu de course d'Evolution Studios sorti sur PlayStation 4 en 2014, mais l'élève également bien au-delà de ses contraintes de console d'origine.
Driveclub, autrefois un titre visuellement époustouflant et acclamé pour la PS4, a connu une existence douce-amère. Bien qu'il ait été un favori parmi les fans de jeux de course, Sony a retiré le jeu en 2019 et a fermé ses serveurs en ligne en 2020. Pendant des années, le jeu est resté bloqué à 1080p et 30 FPS sur PlayStation, ne recevant jamais de patch PS4 Pro ou PS5. Cela a laissé un joyau du jeu de course piégé dans son passé, incapable de montrer son plein potentiel sur le matériel moderne.
Une nouvelle ère de performance native sur PC
Ce qui rend cet effort communautaire remarquable, c'est son approche technique. Contrairement à l'émulation traditionnelle, qui simule l'ensemble du matériel de la console, ces nouveaux projets n'émulent pas le CPU de la PlayStation 4. Parce que la PS4 utilise déjà une architecture x86-64, les outils exécutent le code original de Driveclub directement sur le processeur d'un PC. Ils y parviennent en réimplémentant les bibliothèques système de la console et en traduisant les commandes GPU vers Vulkan, comme le rapporte eTeknix. Cette méthode, également utilisée pour d'autres titres PlayStation sur PC, offre une voie beaucoup plus directe vers des performances élevées.
Deux projets distincts mènent cette initiative: DriveClub Recomp, développé par l'utilisateur GitHub OverkillLabs3, et DCport, maintenu par qnfn. DriveClub Recomp est livré avec son propre lanceur Windows, permettant la configuration des paramètres d'affichage, des entrées, l'accès aux DLC et le support des mods. DCport, adoptant une approche similaire d'exécution native et de "wrapper" Vulkan, améliore encore l'expérience avec le support d'AMD FSR 3.1, FSR 4 et même la génération d'images jusqu'à 240 FPS.
Visuels débloqués et performances sans précédent
Libéré de ses contraintes de console d'origine, Driveclub sur PC peut pousser les visuels bien au-delà de sa présentation initiale en 1080p. DriveClub Recomp prend en charge le rendu interne et les résolutions de sortie de 720p jusqu'à 8K, ainsi qu'un framerate débloqué qui ne perturbe pas le moteur physique du jeu. La fidélité visuelle, en particulier les effets météorologiques dynamiques, était déjà impressionnante au lancement, et maintenant, elle est absolument bluffante selon les normes modernes.
Les fonctionnalités modernes du PC sont également entièrement prises en charge. Les moniteurs ultra-larges sont correctement gérés sur les rapports d'aspect 21:9 et 32:9, le port étendant le champ de vision horizontal tout en gardant le HUD du jeu bien centré. L'anti-aliasing original a été remplacé par des alternatives en résolution native, y compris NVIDIA DLAA pour les cartes graphiques RTX et AMD FSR 3.1 Native AA pour tous les GPU. Les propriétaires de cartes RTX peuvent même basculer entre DLAA et FSR pendant le jeu, comme le souligne Wccftech.
En termes de performances réelles, les résultats sont prometteurs pour un développement si précoce. OverkillLabs3 rapporte qu'une NVIDIA GeForce RTX 5070 Ti associée à un AMD Ryzen 7 5800X3D peut maintenir environ 60 FPS en 4K native dans les scènes de course et de météo les plus exigeantes du jeu. Une récente mise à jour v0.2.3 a même amélioré les performances de course gourmandes en CPU d'environ 15 %, faisant passer une piste de test 4K de 62 FPS à 71 FPS.
La voie à suivre: défis et triomphe de la communauté
Ces projets sont encore en développement actif et précoce et présentent quelques imperfections. Les joueurs peuvent subir des bégaiements initiaux lors de la compilation des shaders, et les CPU plus lents peuvent toujours faire face à des baisses de framerate dans les scènes de grille chargées. Certaines réflexions de surface s'affichent actuellement plus lumineuses que prévu, et toutes les fonctionnalités en ligne d'origine restent non fonctionnelles. DriveClub Recomp, en particulier, a été principalement testé sur du matériel NVIDIA jusqu'à présent. Il est crucial de noter que les utilisateurs doivent fournir leur propre copie du jeu, spécifiquement une version 1.28 extraite de Driveclub avec l'ID CUSA00093 ou CUSA00003, comme le précise pro-gamer.fr.
Néanmoins, il s'agit d'une réalisation remarquable pour la communauté de modding et de préservation sur PC. Elle offre à Driveclub la seconde vie que Sony ne lui a jamais accordée, permettant à un nouveau public de découvrir sa splendeur visuelle et ses mécaniques de course précises sans le plafond de 30 FPS ni l'aliasing visible de la version PS4 originale. L'émergence de ces ports PC natifs souligne une tendance puissante: lorsque le support officiel diminue, les fans passionnés sont de plus en plus capables non seulement de préserver, mais aussi d'améliorer considérablement les jeux, défiant la notion même d'« exclusivité console » pour les titres abandonnés depuis longtemps.
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